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Camions : le Parlement européen sonne la fin des « cabines-briques »
Pierre Courbe  •  Pierre Titeux  •  18 mars 2014  •  Transport de marchandises  •  Sécurité routière

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La Commission Transport (TRAN) du Parlement européen a voté aujourd’hui une amélioration des normes applicables aux cabines des camions qui permettra à l’Europe de sortir de l’ère des « cabines-briques ». Les nouvelles dispositions accordent aux constructeurs automobiles l’espace nécessaire pour développer des faces avant au design plus profilé [1]. Celles-ci permettront de sauver des centaines de vies humaines chaque année tout en engendrant une réduction de la consommation et donc des émissions de CO2.

Contrairement à celles des voitures et camionnettes, les émissions spécifiques de CO2 des camions n’ont pas baissé au cours des 20 dernières années. Les camions ne constituent que 3% de la flotte européenne de véhicules routiers mais représentent un quart des émissions du secteur, une part appelée à augmenter vue la croissance attendue du trafic. En matière d’insécurité routière, 15% des accidents mortels recensés en 2011 (4.254 morts) impliquaient un camion.

La Commission TRAN a décidé que l’espace supplémentaire accordé à la cabine serait dédicacé à la suppression des « blind spots » (angles morts), à l’adjonction d’une zone de déformation et au développement d’un design tel que, en cas de collision, les piétons et cyclistes ne soient pas projetés sous les roues du camion.

Les nouvelles flexibilités en matière de design permettront par ailleurs aux constructeurs de d’améliorer l’efficacité énergétique en développant des profils plus aérodynamiques. La législation actuelle induit un design des cabines de camion en forme de brique à la fois dangereux et énergétiquement inefficace. Un design plus profilé associé à des volets à l’arrière de la remorque permet de diminuer la consommation de carburant de 7 à 10% [2] ce qui, aux prix actuels du carburant, représente une diminution de l’ordre de 3.000 euros sur la facture de carburant [3].

Les eurodéputés ont par ailleurs décidé de ne pas suivre la Commission européenne qui proposait d’autoriser le trafic international aux VLL [4] (véhicules plus longs et plus lourds). Les députés demandent à la Commission d’étudier finement les impacts des VLL et de faire rapport en 2016.

Le Parlement souhaite que ces mesures deviennent obligatoires pour tous les camions dès 2022 mais celles-ci doit encore être confirmée par les 28 Etats membres qui sont soumis à forte pression en vue de les bloquer. Les constructeurs veulent ainsi que les nouveaux designs soient interdits jusqu’en 2025 afin de sauver ce qu’ils appellent la « neutralité compétitive ». Ils rejettent en outre des dispositions visant à accroître la sécurité telles que l’amélioration de la vision directe.

Il y a six semaines, une coalition de villes, syndicats, organisations de cyclistes, associations de transporteurs, logisticiens, associations d’environnement et groupes travaillant à l’amélioration de la sécurité routière avait demandé aux eurodéputés de saisir cette opportunité de progrès. Elle a été entendue. Espérons que les Etats membres feront la preuve de la même écoute.


[3Pour un camion parcourant 100.000 km par an

[4Les VLL sont des trains routiers pouvant atteindre une longueur de 25,25 m pour un poids total en charge de 60 tonnes. La législation européenne actuelle limite, pour le trafic international, la longueur à 18,75 m et le poids à 40 t.



 
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