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Contournement nord de Wavre : vers une zone de réclamation légitime ?
Pierre Courbe  •  20 mars 2014  •  Infrastructures mobilité

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L’enquête publique relative au projet de contournement nord de Wavre vient de se terminer. Dans Le Soir de ce lundi 17 mars 2014 faisait état d’une analyse (faite, semble-t-il, par les autorités wavriennes) des lettres de réclamation sur base du domicile des réclamants. Ainsi, sur les 555 personnes ayant envoyé une lettre à la commune de Wavre, 130 sont domiciliées dans cette commune et 16 habitent dans un rayon de 500 mètres du contournement.

Ce genre d’analyse sous-entend de manière à peine voilée qu’une réclamation est peu légitime dès lors qu’elle émane d’une personne qui n’est pas directement impactée par le projet. Il s’agit donc d’une sorte d’antithèse du nimby (not in my back yard : pas dans mon jardin), réaction de rejet purement égoïste prêtée à certaines personnes directement impactées par un projet.

Ce qu’il y a de piquant dans ce genre de dossier, c’est que celles et ceux qui tentent de décrédibiliser les réclamations citoyennes (qui s’inscrivent, il est utile de le rappeler, dans un processus démocratique de consultation de la population) utilisent indifféremment l’une ou l’autre accusation : soit de faire du nimby, soit de faire de l’ingérence dans un dossier local. C’est ce que relevait la Punaise, petite bête qui pique et qui pue qui sévissait dans les pages du mensuel d’IEW, à la lointaine époque du papier – en 2005. Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire ce texte ci-dessous.

Nimby, nin chal, nin là bin lon…

Outrée. Je suis outrée. Dégoûtée, révoltée par l’attitude de ceux qui s’auto-proclament « citoyens responsables ». Egoïsme et ingérence : voilà ce qui les motive, ces râleurs obsessionnels. Et il me semble, foi de punaise, que nos Wallons sont particulièrement graves ! Prenez n’importe quel projet soumis à enquête publique. Durant l’enquête, il y aura toujours – je dis bien toujours – des riverains pour verser dans le nimby. Eh, ho, nin chal vos affaires, diront-ils l’air courroucé. Allez mettre vos routes, vos porcheries industrielles, vos zonings, … plus loin. Nin chal ! Comme les imbéciles heureux chantés par Brassens. Ceux qui sont nés quelque part. Et considèrent ce quelque part exceptionnel. Inaltérable. Et la création d’emplois ? Et le développement économique, alors, qu’en font-ils ces « ninchaleurs » ?

Mais il y a pire encore. Ceux qui n’ont rien, mais alors là strictement rien à voir avec le projet. Qui habitent bien loin. Et, chose inadmissible, se sentent concernés. Au point de se permettre de crier : eh, ho, votre affaire, là bin lon, on n’en veut point ! Je pourrais vous citer l’exemple d’empêcheurs de bétonner en rond professionnels qui s’arrogent le droit de critiquer – voire attaquer devant le Conseil d’Etat – (oui, oui, vous avez bien lu…) nombre de projets porteurs d’avenir radieux, aux lueurs des néons d’autoroutes… Tous ces « làbinlonistes » méritent la potence.

Mais alors, demanderez-vous, ils sont donc tous coupables ? Entre les voisins ninchaleurs égoïstes et les étrangers làbinlonistes ingérents, qui peut donc s’exprimer sur un projet ? Poser la question, c’est y répondre ! Entre chal et là bin lon, se trouve la zone de neutralité objective. Un cercle virtuel – et vertueux - centré sur le projet et de diamètre proportionnel à l’importance de celui-ci. Bien entendu, dans le cas d’une infrastructure routière, la zone de neutralité objective prendra plutôt la forme d’une ellipse. Mais quoiqu’il en soit, je reconnais à ceux-là seuls qui y habitent le droit d’émettre en toute légitimité un avis critique sur un projet porteur de développement économique (ce qui est généralement le cas). Sans quoi, où irions-nous ? Nin bin lon, en tout cas…




 
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