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Le monde a échoué dans sa tentative de réduire la perte de biodiversité
11 mai 2010  •  Biodiversité

« Le monde a échoué dans l’atteinte de l’objectif qu’il s’était fixé de parvenir à une réduction significative du taux de perte de biodiversité d’ici à 2010, Année internationale de la biodiversité », a révélé aujourd’hui M. Delfin J. Ganapin, Directeur du Programme de microfinancements (PMF) du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

M. Ganapin prenait la parole au cours d’une Conférence de presse tenue au Siège de l’ONU, à l’occasion de la publication de la nouvelle édition des « Perspectives mondiales de la biodiversité », élaborée par la Convention sur la diversité biologique (CDB).

« À ce jour, aucun des 21 objectifs secondaires qui accompagnent l’Objectif biodiversité de 2010 ne peut être confirmé comme ayant été atteint de façon définitive au niveau mondial, bien que certains d’entre eux aient été atteints partiellement ou localement ». « Dix des quinze indicateurs principaux développés par la CDB montrent des tendances défavorables pour la biodiversité », a précisé M. Ganapin, reprenant un des constats du nouveau rapport, au cours de cette rencontre avec la presse, organisée par le Bureau de liaison de New York du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

La nouvelle publication souligne par ailleurs, a-t-il dit, qu’aucun des gouvernements au monde n’affirme avoir complètement atteint l’Objectif biodiversité de 2010 au niveau national, et qu’environ un cinquième d’entre eux mentionne explicitement qu’il n’a pas été atteint.

« La perte massive de biodiversité est de plus en plus probable, et elle entraînera avec elle, une forte réduction du nombre des services essentiels fournis aux sociétés humaines, puisque plusieurs « points de basculement » sont près d’être franchis, ce qui conduira les écosystèmes vers des états où ils seront moins productifs et desquels ils ne pourraient que difficilement revenir », a également averti M. Ganapin, en donnant des détails sur une des conclusions de l’étude.

Ces points potentiels de basculement comprennent le dépérissement de vastes zones de forêt amazonienne, en raison de l’interaction entre les changements climatiques, la déforestation et les incendies. Ceci aura des conséquences néfastes pour le climat mondial, les précipitations régionales et entraînera une extinction généralisée de certaines espèces. Les points de basculement incluent également la modification de l’état de nombreux lacs d’eau douce et celle de nombreux organismes vivant dans les eaux intérieures vers l’eutrophisation. Les algues pourraient alors proliférer et finalement devenir dominantes, du fait de modifications provoquées par l’accumulation de nutriments. Ceci provoquerait l’asphyxie de nombreux poissons vivant dans les lacs concernés et la perte d’installations dédiées aux loisirs et au tourisme.

« De telles conséquences pourraient être évitées si des mesures efficaces et concertées sont prises pour réduire les pressions multiples infligées à la biodiversité », a souligné Delfin Ganapin en insistant notamment sur la nécessité de lancer une action urgente, qui est « nécessaire pour réduire la pollution terrestre et les pratiques de pêche destructrices qui affaiblissent les récifs coralliens, et les rendent plus vulnérables aux effets des changements climatiques et à l’acidification des océans ».

Parmi les éléments pouvant être inclus dans une stratégie future destinée à réduire cette perte de biodiversité et éviter les pires conséquences entrevues par les auteurs de l’étude publiée aujourd’hui, figurent entre autres, la conduite d’interventions directes continues et intensifiées, comme l’agrandissement et le renforcement des zones protégées ; une efficacité accrue dans l’utilisation des terres, de l’énergie, de l’eau douce et des matériaux afin de satisfaire la demande grandissante provenant d’une population en croissance ; l’utilisation de mesures d’incitation commerciales ; l’éducation, et la sensibilisation du public.

S’agissant des zones protégées, le nouveau rapport indique que certains progrès significatif ont été réalisés dans l’augmentation de leur superficie, que ce soit sur la terre ferme ou dans les eaux côtières. Cependant, les superficies de 44% des écorégions terrestres (zones avec une forte proportion d’espèces et de types d’habitats partagés), et de 82% des écorégions marines, n’atteignent pas l’objectif qui avait été fixé de protéger 10% de la superficie totale de ce type d’écosystème.

« Une fraction des sommes mobilisées spontanément par les gouvernements du monde en 2008-2009 face à la crise financière et bancaire pour éviter l’effondrement économique, aurait permis d’éviter une détérioration beaucoup plus grave et fondamentale des systèmes qui supportent la vie sur terre », a souligné M. Ganapin en insistant sur l’importance de disposer de ressources financières adéquates pour pouvoir traduire dans la réalité toute stratégie qui viendrait à être adoptée.

Réagissant à une question de la presse, relative aux dommages causés au cadre de vie des populations autochtones, M. Ganapin a défendu la nécessité d’accorder des compensations à ces populations qui sont victimes non seulement de la perte de biodiversité, mais aussi des changements climatiques. Le poids de cette compensation ne saurait reposer uniquement sur les gouvernements. Les entreprises privées devront aussi y contribuer, a-t-il dit, en annonçant que cette question du financement privé serait au c½ur des discussions entre les différents acteurs présents à la prochaine Conférence de Mexico, prévue en décembre 2010

À l’endroit de la presse, M. Ganapin a également expliqué que les perspectivesprésentées aujourd’hui, constitueraient des éléments clefs de discussions pour les dirigeants mondiaux et les chefs d’État lors d’une session extraordinaire de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui aura lieu le 22 septembre prochain ». Les conclusions de ces discussions seront au c½ur des débats menés par les gouvernements de la planète lors du Sommet de la biodiversité de Nagoya qui se tiendra en octobre, au Japon, a-t-il en outre précisé.

Conférence de presse à l’occasion de la publication de la troisième édition du rapport sur les « Perspectives mondiales de la biodiversité »




 
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