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Les évènements climatiques extrêmes ne relèvent pas de la simple variabilité
Alain Geerts  •  9 janvier 2012  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre

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Les sécheresses en Russie et au Texas ont-elles ou non été provoquées par le réchauffement climatique ? S’il est difficile de se prononcer sur un évènement isolé, il est possible, en utilisant la probabilité d’apparition de tels phénomènes à l’échelle de la planète, de mettre en évidence d’éventuelles variations dans leur distribution par rapport à la période de référence.

C’est ce qu’ont fait Hansen, Sato et Ruedy dans une nouvelle étude qui traite sous l’angle statistique la relation entre évènements météorologiques extrêmes et changement climatique.

En utilisant le nombre d’écarts types (notés σ, sygma) des températures observées par rapport à la moyenne de la période de référence, ils montrent que la répartition des évènements extrêmes observés ces dernières années ne correspond pas à ce que serait une distribution gaussienne normale, où la probabilité d’apparition des évènements situés à plus de 3σ n’est que de 0,13%.

Entre 2003 et 2008, de 3 à 6% de la surface de la terre ont connu des écarts de températures à la moyenne supérieurs à 3σ, fourchette qui passe de 6% à 13% dans les trois dernières années.

« Si ces anomalies de température étaient distribuées normalement et si elles étaient similaires à celles de la période 1951-1980, nous devrions observer [ces anomalies] sur seulement 0,1%-0,2% de la planète, » observent les auteurs.

Ils mettent également en évidence un décalage général sur la période récente (1981-2010) des catégories d’évènements - déterminées selon la distance à la moyenne de la période de référence 1951-1980.

Les évènements froids diminuent en nombre, les températures moyennes sont moins fréquentes, et les évènements plus chauds se multiplient.

Titre original de l’étude :

Climate Variability and Climate Change : The New Climate Dice
Auteurs : J. Hansen, M. Sato, R. Ruedy, 10 November 2011

Traduction du résumé :

Les « dés climatiques » décrivant la probabilité d’une saison inhabituellement chaude ou froide, par rapport à la climatologie de 1951-1980, sont progressivement devenus plus « pipés » durant les 30 dernières années, coïncidant avec un accroissement du réchauffement global.

Le changement le plus important et le plus spectaculaire de ces dés du climat est l’apparition d’une nouvelle catégorie d’extrêmes climatiques. Ces extrêmes étaient pratiquement absents durant la période de référence de la climatologie, et concernaient moins de 1% de la surface de la Terre.

Aujourd’hui, des évènements estivaux de canicule extrême, dont la température est distante de plus de trois écarts-types (σ) au dessus de la période de référence de la climatologie, couvrent généralement environ 10% de la superficie de la planète.

Il n’est donc pas nécessaire de tergiverser sur les vagues de chaleur estivales au Texas en 2011 et à Moscou en 2010, qui ont dépassé les 3σ. Il est pratiquement certain qu’ils n’auraient pas eu lieu en l’absence de réchauffement climatique.

Si le rythme actuel du réchauffement climatique ne ralentit pas, au milieu du siècle les évènements à 3σ seront la nouvelle norme et les événements à 5σ seront communs.

Source : Contre Info




 
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