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Mais où est passé Charleroi ?
Céline Tellier  •  28 octobre 2011  •  Infrastructures mobilité  •  Aménagement du territoire  •  Accessibilité / Mobilité

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Le Gouvernement Wallon ambitionne de créer une nouvelle gare ferroviaire à l’aéroport de Gosselies. Budget estimé (au bas mot) : 487 millions d’euros (dont 142,3 millions seraient préfinancés par la Région Wallonne) ! Plus du double de la dotation annuelle d’investissement du fédéral pour l’ensemble du rail wallon ! Comment justifier une telle dépense publique ?


Un projet de desserte ferroviaire de la gare de Gosselies qui ignore la ville de Charleroi (carte de localisation de l’habitat, étude d’incidences Agora)

Un projet intermodal d’envergure ? Non ! L’infrastructure ferroviaire n’aura pas pour objectif une meilleure desserte des zones (très rurales) traversées mais bien le développement de l’aéroport lowcost. Un bilan carbone extrêmement négatif, donc.

Le renouveau urbanistique de Charleroi ? Que nenni ! Aucune connexion n’est prévue avec la grande ville wallonne, dont on révise pourtant le plan de secteur (voir photo) ! Le Schéma de Développement de l’Espace Régional wallon (SDER) précise pourtant que la ville de Charleroi est considérée comme « un pôle majeur de développement de la Wallonie par la présence et la complémentarité de fonctions pouvant servir d’appui pour structurer et développer l’espace régional ». Si la ville de Charleroi est considérée comme un pôle majeur de développement, dès lors pourquoi est-elle absente de l’analyse dès que l’on entre dans la révision de son propre plan de secteur ?

En effet, la ville ne figure sur aucune des cartes proposées dans l’étude d’incidences environnementales, l’alternative du métro léger de Charleroi à une ligne ferroviaire lourde est à peine évoquée, les liaisons ferroviaires pensées comme prioritaires le sont exclusivement entre Gosselies et Bruxelles, et non pas entre Gosselies et Charleroi. Comment justifier dès lors que l’avant-projet vise à servir les intérêts de Charleroi, alors même que la ville est absente du débat ?

En outre, en tant que carrefour et n½ud de communications, la ville de Charleroi mérite qu’en son sein, le transfert d’un mode de transport à l’autre se fasse de façon pratique, directe, sinon on « bypassera » la ville et ses avantages déclarés en matière de communications. Elle ne sera dès lors plus un carrefour de voies tel que décrit dans le SDER. La ville doit donc être considérée comme le centre modal de l’agglomération, et non pas être déconnectée de l’aéroport de Gosselies, qui risque bien d’isoler encore davantage la ville de Charleroi.

Le nouveau joujou ferroviaire du Gouvernement Wallon (après Liège-Guillemins et avant la gare de Mons ?) risque bien d’avoir pour effet pervers de précariser encore un peu plus l’agglomération carolo, et de s’en mordre les doigts pour quelques décennies.

On terminera par se demander à quoi bon dépenser un demi-milliard (soit, rappelons-le 20 milliards de nos anciens francs belges, tout de même !) pour une gare qui ne fera que soutenir le développement d’un projet non pérenne (l’aviation lowcost étant destinée à disparaître, à terme) ! Les navetteurs qui pleurent pour un refinancement sérieux de la SNCB se le demandent tous les jours... Mais on n’a pas l’argent, paraît-il ?




 
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