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Les PIP, PVR et PLR !
Virginie Hess  •  4 novembre 2009  •  Aménagement du territoire  •  Plans, schémas et règlements  •  Paysage

Certains périmètres en surimpression au plan de secteur sont dédiés au paysage. Il s’agit des Périmètres d’intérêt paysager (PIP) et des périmètres de point de vue remarquables (PVR). Au sein de ces périmètres, le paysage constitue le critère prépondérant d’appréciation de l’acceptabilité d’un projet.

Tel que défini par le CWATUPE, le périmètre de point de vue remarquable vise à maintenir des vues exceptionnelles sur un paysage bâti et non bâti. Les actes et travaux soumis à permis peuvent y être soit interdits, soit subordonnés à des conditions propres à éviter de mettre en péril la vue remarquable. Le périmètre d’intérêt paysager, quant à lui, vise au maintien, à la formation ou à la recomposition du paysage. Les actes et travaux soumis à permis peuvent y être autorisés pour autant qu’ils s’intègrent au paysage [1].

Une révision plus que nécessaire !

Les sites repris actuellement en périmètres d’intérêt paysager au plan de secteur ne méritent pas tous cette affectation. Leur sélection s’est principalement faite sur base de « L’inventaire des Sites » réalisé dans les années ’60 par le Service du Survey National [2] dont l’objectif fut d’identifier une série de sites et de paysages dignes d’intérêt au point de vue scientifique, esthétique et culturel. Or tous ne pouvaient réellement prévaloir d’un réel intérêt paysager. Notons que dans la version précédente du CWATUP, les demandes de permis de bâtir qui concernaient des biens situés dans l’un de ces sites devaient faire l’objet d’une enquête publique. Cette disposition n’existe plus dans la nouvelle version.
Consciente de la nécessité de procéder à une révision de ces données la Région wallonne a chargé l’association ADESA de réaliser un nouvel inventaire des PIP et des PVR, et d’établir au préalable une méthode d’évaluation de la qualité paysagère basée sur la participation citoyenne.
Ce travail d’inventaire, entamé en 1992 et toujours en cours d’élaboration (les trois-quarts de la Wallonie ont déjà été réévalués), est donc mené en collaboration étroite avec des groupes d’observateurs locaux, principalement des bénévoles provenant d’associations (voir article sur la valorisation paysagère menée à Chaudfontaine), connaissant parfaitement leur contrée.
Les nombreuses observations réalisées sur le terrain ont permis à l’asbl ADESA de mettre en évidence deux types d’approches de la protection paysagère [3] :
- les périmètres d’intérêt paysager, qui forment des espaces au sein desquels les éléments du paysage se disposent harmonieusement ;
- les points de vue remarquables qui sont des lieux d’où l’on jouit d’une vue particulièrement belle.

L’évaluation de la qualité paysagère

La méthodologie mise au point par l’ADESA repose sur trois démarches [4] :

- La sélection des critères de qualité

Elle permet d’objectiver la perception de l’observateur ; la qualité visuelle des paysages dépend en effet de nombreux paramètres inhérents au psychisme, à l’affectivité de l’observateur et aux conditions physiques extérieures.
Six critères ont été retenus, permettant de déceler, chacun dans leur domaine, une qualité ou une absence de qualité : la longueur de vue (profondeur du champ), la variété, la dimension verticale, la présence de plans successifs, l’harmonie, la rareté. Pour qu’un paysage soit reconnu de qualité, il n’est pas nécessaire que chacun des six critères donnent lieu à une appréciation favorable. Pour l’ADESA, l’harmonie est le critère décisif.

- La délimitation des unités paysagères

L’observation paysagère doit se faire au sein d’aires bien déterminées. L’analyse de la qualité paysagère s’opère ainsi au sein d’unités dont les limites se basent sur la réalité de terrain. Il s’agit des unités paysagères. Elles sont délimitées par les lignes de crêtes et correspondent donc chacune à une vallée ou un vallon.

- L’analyse de la qualité paysagère

Chaque unité paysagère comprend une série de stations d’observation situées à l’intérieur de celle-ci ou sur son pourtour. Ce n’est qu’après avoir parcouru l’ensemble de ces stations que les observateurs sont à même de délimiter provisoirement le périmètre d’intérêt paysager.
Pour le repérage des PVR et des LVR, les observateurs, situés à une station d’observation, décident, après analyse du paysage, s’il s’agit d’un simple point de vue ou d’un point de vue remarquable. La ligne de vue remarquable (LVR) est constituée d’une succession des points de vue contigus le long de la voirie.

Un patrimoine à préserver !

Comme le souligne si justement l’association ADESA, les périmètres d’intérêt paysager et points de vue remarquables révèlent l’existence de nos plus beaux paysages à l’aménageur, aux responsables locaux, à l’artiste, au promeneur, à l’éducateur. Ce sont des données fondamentales dans l’optique des révisions globales des plans de secteur ainsi que pour la gestion et la préservation de notre patrimoine paysager.
Pour plus d’information, contactez l’asbl ADESA : Tel/Fax : 067/21.04.42 – adesa@skynet.be


[1Art452/20. et 452/22. du CWATUP

[2Administration de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire

[3Analyse du paysage et périmètres d’intérêt paysagers - Note introductive, ADESA, 2003.

[4Analyse du paysage et périmètres d’intérêt paysagers : Note introductive, ADESA, 2003.



 
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