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Sentiment de quiétude, que d’efforts en ton nom !
Jean-François Pütz  •  30 juin 2010  •  Aménagement du territoire  •  Tourisme et loisirs

Les activités touristiques et les activités de loisirs constituent une réelle opportunité pour Monsieur et Madame tout le monde de s’échapper le temps d’une journée ou d’un week-end de leur « train-train quotidien » et de faire le plein d’énergie dans un cadre champêtre et bucolique.

Si les promenades en famille dans les bois, les parties de pêche au bord du ruisseau sont toujours prisées chez certains, il n’en demeure pas moins que le mode de vie de plus en plus consumériste d’une frange de la population incite à la mise en place de projets touristiques et/ou récréatifs qui laisseraient probablement nos grands-parents pantois...
Selon la nature de l’activité, les installations qui la rendent possible seront tantôt ponctuelles, saisonnières ou récurrentes, voire permanentes. Voici quelques exemples en cascade : réalisation de pistes de motocross, balisage de grottes en vue d’activités de spéléologie, implantations d’ulmodrôme, aménagement de pistes de ski artificielles, construction de villages de vacances, de parcs animaliers,...
Il n’est nullement dans mes intentions de tirer à boulet rouge sur de telles activités ou de vanter leurs mérites, et encore moins de jauger les effets qu’elles pourraient susciter en termes d’épanouissement personnel. Je souhaite simplement mettre l’accent sur l’un ou l’autre élément parfois contradictoires.

Zone agricole – réserve foncière ?

Afin d’accentuer le caractère reposant des activités de loisirs, ces dernières tendent à s’implanter dans un cadre champêtre. Il arrive que certains projets s’installent en zone agricole ou en zone forestière alors que la destination principale de ces zones n’inclut pas l’accueil de pareilles implantations.

Prenons l’exemple de la zone agricole : elle constitue généralement, à mauvais escient, une zone de réserve foncière devant permettre des projets de grandes dimensions, qu’ils soient immobiliers (lotissements), économiques (zonings) ou récréatifs. Le CWATUPE permet, par le biais des mécanismes de dérogation au plan de secteur, l’implantation de telles activités en zone agricole. De son côté, l’article 35 du CWATUPE stipule notamment que la zone agricole « peut être exceptionnellement destinée aux activités récréatives de plein air pour autant qu’elles ne mettent pas en cause de manière irréversible la destination de la zone » et que pour ce type d’activités « les actes et travaux ne peuvent y être autorisés qu’à titre temporaire sauf à constituer la transformation, l’agrandissement ou la reconstruction d’un bâtiment existant ». S’agissant de l’atteinte irréversible ou non de la zone, l’on peut être tenté de dire que tout ce qui peut être construit peut être démoli. De même, en ce qui concerne le caractère temporaire de l’activité, difficile de dire où placer le curseur (1 semaine ?, 1 mois ? 1 an ?, 20 ans ?). En effet, une activité récréative établie depuis 20 ans en zone agricole, peut-elle encore être considérée comme un établissement temporaire ? Une interprétation trop large de cette disposition pourrait conduire à des excès.

Concilier l’inconciliable ?

Outre la question de la zone urbanisable ou non dans laquelle s’implante un projet, les activités touristiques et les activités récréatives peuvent avoir un impact sur l’aménagement du territoire, l’environnement et le voisinage. Les conséquences les plus couramment rapportées sont : l’augmentation du charroi liée au flux et reflux des « touristes », les nuisances sonores - d’autant plus perturbantes qu’elles interviennent dans des périodes de repos et lors des jours de congé, l’altération de sites naturels de grande valeur biologique, et bien-sûr les nuisances pour les riverains proches du site. Parfois, les intérêts en cause ne sont pas évidents à concilier. Au motif d’éviter, voire de diminuer au maximum, la gène pour le voisinage, convient-il d’implanter le projet au c½ur de la zone agricole, le plus loin possible de tout quartier résidentiel et ce, au mépris de la destination principale de la zone ?

Les nombreux intérêts en présence rendent la tâche ardue ; pour les professionnels de l’aménagement du territoire et les commissions d’avis, se faire une idée exacte des conséquences d’un projet et du bien-fondé de sa localisation relève souvent du parcours du combattant. Intérêt économique du promoteur du projet ; intérêt d’un village, d’une ville, d’une région en termes de visibilité ; intérêt des citoyens établis aux abords de l’activité. Autant d’intérêts opposés qui pourraient être considérés, selon le point de vue d’où l’on se place, comme légitimes.

Une chose est néanmoins certaine, il convient d’apprécier chacune des situations au cas par cas pour, à défaut de trouver la solution rencontrant tous les intérêts, promouvoir la solution la moins nuisible notamment pour les riverains, lesquels, à la différence des touristes d’un jour, subiront les nuisances éventuelles au quotidien.


Un nouveau souffle pour l’éolien

Le Gouvernement Wallon consulte les acteurs de l’éolien. Durant des réunions thématiques, une trentaine d’entre eux ont été invités à partager leurs expériences : nature pour Natagora, aménagement du territoire pour la Commission Régionale d’Aménagement du Territoire et les Monuments et Sites, participation citoyenne pour Enercoop (Société Coopérative d’Intérêt Collectif fournissant de l’énergie renouvelable).

Le processus consultatif s’achève le 25 juin avec la présentation d’une synthèse des apports.

Ces consultations constituent la 1ère étape du travail de la cellule éolienne, désignée pilote de la révision du cadre éolien par le Gouvernement le 29 janvier. Cette cellule rassemble des représentants des administrations et des cabinets (Henry et Nollet en particulier).
La cellule éolienne doit aider le Gouvernement à cerner différentes problématiques : paysage, participation, maitrise du foncier, co-visibilité, biodiversité, zones d’exclusion. Autant de problématiques que les 150 mâts plantés à ce jour sur le territoire commencent à poser de manière aiguë. Le nouveau cadre, attendu pour fin 2010, qu’il réglemente ou non, planifie ou non, devra apporter des réponses.

Benjamin Assouad




 
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