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Un outil pour placer « la bonne activité au bon endroit » : les cartes d’accessibilité
5 mai 2008  •  Aménagement du territoire  •  Accessibilité / Mobilité

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Un outil pour placer « la bonne activité au bon endroit » : les cartes d’accessibilité La mobilité ne cesse de croître en Belgique... Un habitat dispersé, des commerces s’étirant le long des pénétrantes urbaines ou dans des zones en périphérie des villes, des entreprises implantées dans des parc d’activités aux abords des autoroutes… autant de tendances lourdes dans l’aménagement de notre territoire qui engendrent un accroissement et un allongement des déplacements quotidiens, privilégiant un mode de transport : la voiture !

La CPDT [1] a mis au point un outil d’aide à la décision qui permet d’intégrer la question de l’accessibilité dans les politiques d’aménagement du territoire… Ces cartes sont désormais en ligne : http://cpdt.wallonie.be/?id_page=73 !

La maîtrise de la dépendance automobile, un enjeu économique sous-estimé

Si le secteur du transport n’est pas la principale source d’émission de gaz à effet de serre, il est néanmoins celui qui connaît la croissance la plus forte. Ainsi, pour réduire, d’ici 2020, nos émissions de gaz à effet de serre de 20 à 30 % par rapport à 1990 [2], il nous faudra inévitablement agir sur ce levier. Or, la manière la plus efficace de réduire la demande de déplacements et la dépendance à la voiture est certainement une implantation judicieuse des fonctions sur le territoire, en particulier celles qui génèrent d’importants flux de piétons, comme les commerces de détail, les écoles ou les bureaux, mais aussi une densification de l’habitat autour des noyaux existants ou à créer.

Une cartographie des « parts modales attendues »

Les cartes d’accessibilité conçues par les chercheurs universitaires définissent le degré d’accessibilité en bus et train, en modes doux et en voiture de tout point du territoire wallon, divisé pour ce faire, en pixels de 50 mètres de côté. Les parts modales évaluées au départ du lieu de résidence et du lieu de travail ont été évaluées sur base des données du recensement de population de 1991 relatives aux déplacements domicile-travail. Cette mesure de l’accessibilité prend en compte les spécificités de chaque mode. Ainsi, par exemple, dans un quartier avec une gare et plusieurs arrêts de bus sont pris en compte la fréquence de passage des trains et bus à la gare et à chaque arrêts de bus ainsi que la distance de chaque point du quartier aux arrêts et à la gare, sachant que l’accessibilité décroît en fonction de la distance et de la dénivellation. L’étude considère ainsi que le marcheur n’acceptera pas de parcourir plus de 500 mètres pour atteindre un arrêt de bus ou de gravir un dénivelé de plus de 60 mètres sur cette distance. Pour les modes doux, les critères pour quantifier l’accessibilité sont la densité de population et une fonction basée sur la probabilité de se déplacer uniquement à pied ou à vélo qui dépend de la distance à parcourir. Pour la marche en tant que mode principal, l’essentiel des déplacements ne dépasse pas un kilomètre et pour le vélo atteind quelques kilomètres.

Des applications concrètes de l’outil

Cet outil cartographique qui donne la possibilité d’analyser la localisation de tout projet d’urbanisation sous l’angle de l’accessibilité par les alternatives à la voiture est essentiellement destiné aux autorités régionales et communales ainsi qu’aux instances chargées de les conseiller (CCATM, CRAT, bureaux d’études agréés en aménagement du territoire…).

Le croisement des cartes d’accessibilité avec le plan de secteur permettrait de repérer les disponibilités foncières offrant une bonne accessibilité alternative à la voiture. Il pourrait dès lors orienter des révisions de plan de secteur visant à y créer de nouvelles zones urbanisables et, en compensation, à rendre à l’agriculture ou à la nature des zones urbanisables mal localisées du point de vue de l’accessibilité alternative à la voiture. La mise en ½uvre prioritaire des zones favorables du point de vue de l’accessibilité devrait être promues grâce à des outils d’aménagement du territoire (schéma de structure communal, PCA) et de la politique foncière (taxe sur les terrains non bâtis). En outre, des primes pourraient inciter les activités présentant le profil de mobilité correspondant à venir s’y installer …

Les cartes d’accessibilité se profilent comme un outil incontournable à utiliser par les décideurs de façon systématique tant au plan régional qu’au plan communal pour aller vers un développement territorial (plus) durable.

Sophie Dawance


[1Conférence permanente de développement territorial

[2Cfr. décision du Conseil européen de Bruxelles des 8 et 9 mars 2007



 
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